Concevoir une pièce soudée pour la découpe laser
Tenons et mortaises, encoches, repères gravés, jeux de découpe : les règles pour dessiner des composants découpés au laser qui s'assemblent seuls et se soudent vite.
La découpe laser a changé la mécano-soudure : elle produit des contours précis, des formes complexes et des découpes intérieures pour un coût qui dépend surtout de la longueur de coupe. Bien exploitée, elle permet de dessiner des pièces qui se positionnent d’elles-mêmes au moment de l’assemblage. Moins de gabarit, moins de mesures, moins d’erreurs.
Le principe : l’auto-positionnement
Dans une construction soudée classique, on découpe des composants aux bonnes dimensions, puis on les positionne à l’aide de mesures, d’équerres et de gabarits. Avec la découpe laser, on peut intégrer la position dans la géométrie même des pièces : chaque composant porte les formes qui le placent par rapport aux autres.
Les avantages sont immédiats :
- l’assemblage est plus rapide : on emboîte au lieu de mesurer ;
- il est plus sûr : une pièce détrompée ne se monte pas à l’envers ;
- il est plus répétable : chaque exemplaire d’une série a la même géométrie ;
- il ouvre la voie à l’automatisation : un robot peut poser des pièces qui s’emboîtent.
Tenons et mortaises
C’est la technique de base. Un tenon est une languette qui dépasse du bord d’une tôle ; une mortaise est une découpe dans l’autre tôle, qui le reçoit.
Les règles de dimensionnement
- Jeu de découpe : la mortaise doit être légèrement plus grande que le tenon. Le jeu dépend de l’épaisseur, de la machine et de la matière ; demandez la valeur à votre découpeur. Trop serré, l’emboîtement force ; trop large, il ne positionne plus rien.
- Longueur du tenon : au plus égale à l’épaisseur de la tôle qui le reçoit si l’on veut une face affleurante. Un tenon qui dépasse peut servir de point de soudure, mais il gêne si un cordon doit passer à cet endroit.
- Largeur : suffisante pour ne pas se déformer à la manipulation, typiquement quelques fois l’épaisseur de la tôle.
- Nombre : deux tenons par jonction suffisent souvent pour fixer la position ; au-delà, on complique la découpe sans gagner en précision.
Détromper
Rendez l’assemblage impossible à monter faux : tenons de largeurs différentes, espacement asymétrique, ou un tenon supplémentaire d’un seul côté. C’est gratuit à la découpe, et ça évite des pièces rebutées.
Encoches et entailles à mi-épaisseur
Pour des croisillons (deux tôles qui se croisent), on pratique une entaille jusqu’à mi-hauteur dans chacune : elles s’emboîtent à angle droit, à fleur. Même principe pour des raidisseurs qui traversent une âme.
Les coins intérieurs des encoches doivent tenir compte du rayon du faisceau : prévoyez de petits dégagements (« os de chien ») dans les angles si la pièce complémentaire a des arêtes vives.
Repères gravés
Le laser peut aussi marquer sans découper : références de pièces, sens de montage, lignes de position d’un composant sans tenon. Ces repères gravés remplacent le traçage au crayon et évitent les erreurs de lecture de plan.
Penser au soudage dès le dessin
L’emboîtement ne doit pas compromettre la soudure :
- Ne placez pas de tenon sous un cordon continu : il crée une irrégularité de jeu dans le joint.
- Gardez les cordons accessibles : la torche doit atteindre le joint avec un angle correct. Voir notre guide de préparation STEP.
- Prévoyez l’ordre d’assemblage : un composant posé en dernier ne doit pas masquer un cordon qu’il faut souder avant lui.
- Limitez les cordons inutiles : si l’emboîtement assure la position et que la charge est faible, des cordons discontinus peuvent suffire.
Imbriquer pour réduire le coût
Le coût de découpe dépend de la matière consommée et de la longueur de coupe. Des composants qui s’imbriquent bien sur la tôle, des épaisseurs regroupées par référence et des contours sans détails inutiles réduisent la facture. Nous détaillons les facteurs de prix dans prix d’une pièce soudée.
Et pour le robot ?
Les pièces auto-positionnantes sont idéales pour une cellule robotisée : le bras de manipulation pose les composants, l’emboîtement confirme leur position, le second bras les pointe. Si vos pièces sont déjà dessinées ainsi, envoyez-nous le fichier : l’estimation en ligne le lit directement.
À retenir
Dessiner pour la découpe laser, c’est transférer le savoir-faire du gabarit dans la géométrie des pièces. Tenons, mortaises, encoches et repères gravés rendent l’assemblage plus rapide, plus sûr et automatisable, à condition de garder le soudage en tête dès le dessin.